III
FUSION DU MARAIS ET DU
PALAIS-ROYAL.
THÉATRE GUÉNÉGAUD.
HÔTEL DE BOURGOGNE.
Molière meurt le 17 février 1673.
Le théâtre ferme. La Troupe, effarée
de la disparition soudaine de celui qui était son
soutien et sa fortune, vit pendant quelques jours, dans
les transes. Tandis que la populace, fanatisée par les
prêtres, menace de briser le cercueil de l'auteur du Tartuffe
et de Don Juan, Louis XIV, que le grand homme
n'amusera plus, se dispose c'est La Grange qui le dit a
anéantir sa troupe, cette chère partie de lui-même, en
la réunissant à l'Hôtel. Cependant les camarades de
Molière se remettent. Ils comprennent que l'important
est de s'affirmer [1] : ne recevant pas d'ordres ils rouvrent,
le 24, par le Misanthrope [2], et continuent de représenter jusqu'à la
clôture habituelle, qui a lieu le 21 mars. A ce moment,
nouvel assaut donné par l'Hôtel et le Marais, qui,
selon Chappuzeau, s'efforcent d'obtenir la suppression de
la pauvre troupe, et, des trois côtés, on apparaît
continuellement sur la route de Versailles. L'Hôtel
parvient, du moins, à enlever à ses rivaux plusieurs de
leurs coryphées, La Thorillière, Baron, Mlle Beauval et
son mari, et Lulli, l'intrigant et ingrat florentin, à
qui Molière avait rendu service, arrive à la rescousse,
et obtient, pour y transporter son Académie Royale de
Musique, la salle du Palais-Royal.
Heureusement pour elle, la troupe de
Molière possédait un homme de sens, actif et habile en
même temps qu'homme de bien, La Grange, à qui nous
devons, entre autres papiers, ce registre que va publier
M. Édouard Thierry et qui rend moins regrettable la
perte de presque tous ceux des Comédiens du
Palais-Royal ; La Grange, dont le contrat de 1681
fit presquece qu'il était depuis
longtempsl'économe et le directeur attitré de la
Comédie, et à qui Molière, depuis le 14 novembre 1664,
avait délégué, avec les fonctions d'orateur, la plus
grande partie de son autorité. Armande Béjart, qui,
grâce au nom de son époux et à l'apport, dont nous
parlerons plus bas, des fonds nécessaires à la
reconstitution matérielle du théâtre, exerça, pendant
quelque temps, une sorte de décanat, laissa vite, autant
par sa nonchalance bien connue que par sentiment de la
supériorité de la Grange, ce dernier prendre le pas.
Soutenus par le sage comédien, les camarades de Molière
reprennent courage. D'ailleurs que d'atouts dans leur jeu
! Malgré la désertion de quatre des leurs, ils comptent
encore de grands talents dans la Troupe, qu'on répute la
meilleure pour la comédie. Ils ont aussi, bien que la
propriété littéraire ne soit pas reconnue, le
répertoire si riche, si varié, de Molière, dont ils
gardent la tradition, et qui leur demeurera bien, s'ils
durent, puisque ce sont eux qui en donneront les plus
belles représentations. Ils ne sont même pas pris au
dépourvu, car le Malade, interrompu par la mort
de l'auteur, reste une nouveauté et leur offre une
ressource immédiate, jusqu'à ce qu'ils aient pu monter
une autre pièce.
Ils songent d'abord à compléter la
Troupe, dans laquelle Poquelin laisse un si grand vide. A
cet effet, ils s'adressent à Claude de La Roze de
Rosimond, le meilleur comédien du Marais, homme
intelligent, instruit, dont sans doute l'engagement
expirait, et le prient de venir prendre les rôles de
Molière. Celui-ci, flatté de la proposition, l'accepte,
et, le 3 mai , le contrat dont l'analyse suit est passé
par-devant Mes Clément et Pauyot [3] :
Les signataires du présent
s'associent, afin de jouer le plus tôt possible, pour
six ans, à partir du jour où ils auront trouvé un
théâtre ;
Tous les Comédiens devront contribuer
aux dépenses au prorata de leur part, excepté pour les
costumes, qu'ils feront faire à leurs dépens ;
I1 ne sera pris de décision que du
consentement de la Compagnie et à la pluralité des
voix ;
Mlle Molière, La Grange, Mlle de Brie,
du Croisy, Hubert et Rosimond auront une part ;
Mlle La Grange, de Brie, Mlle Aubry,
demi-part ;
Ceux qu'on admettra dans la suite
auront ce que la Troupe décidera ;
Le décès d'un des signataires du
présent contrat n'y portera pas atteinte ;
Nul ne pourra quitter la Troupe pour
aller jouer dans une autre, à peine de 6,000 liv.
applicables, moitié à l'Hôpital général, moitié aux
comédiens qui resteront ;
Enfin, Marie-Angélique Gassot du
Croisy, fille mineure du comédien de ce nom, âgée de
quinze ans, est reçue, sous l'autorité et
responsabilité de son père, à quart de part.
Les parts sont donc au nombre de sept
trois quarts.
Quant au théâtre, nos comédiens
allaient en trouver un tout préparé. Ce fut celui
qu'Alexandre de Rieux, Chevalier, Seigneur Marquis de
Sourdéac et autres lieux, et son associé François
Bersac de Fondant, Ecuyer, sieur de Champeron, avaient
fait construire, en 1670, dans le jeu de paume de La
Bouteille, que leur avaient loué, par bail du
8 octobre, Maximilien de Laffemas, sieur de Soyecourt, et
les cohéritiers d'Isaac de Laffemas, propriétaire dudit
jeu. I1 était situé rue des Fossés-de-Nesle, depuis
rue Mazarini, et un peu plus tard Mazarine, en face de la
rue Guénégaud [4]. Sourdéac et Champeron avaient fait bâtir le
théâtre pour Cambert et Perrin; et ces derniers y
donnèrent l'opéra, de mars 1671 à mars ou mai 1672.
Perrin, éliminé par ses associés au commencement de
1672, fut remplacé par Gilbert. Le quatuor lyrique fut,
à son tour, évincé du privilége, en mars ou en mai,
par Lulli, qui, associé à Vigarani, transporta
l'Académie Royale de Musique dans le jeu de paume du Bel-Air,
au bout de la rue de Vaugirard, qu'il devait bientôt
quitter pour aller au Palais-Royal. Sourdéac, l'habile
machiniste-décorateur, et Champeron payaient donc,
depuis plus d'un an, le loyer d'un magnifique théâtre,
spacieux, bien machiné, fait en un mot pour représenter
l'opéra, dont ils ne savaient que faire. Ils devaient
saisir avec empressement la première occasion qui
s'offrirait de s'en débarrasser. De leur côté les
Comédiens du Palais-Royal ne pouvaient laisser échapper
une aussi belle salle [5], d'autant que leurs confrères du Marais
intriguaient auprès de Sourdéac, pour l'obtenir.
Ils se hâtent donc de conclure. Par
contrat du 23 mai, passé par-devant Mes de Beaufort et Gigault [6] :
Sourdéac et Champeron leur cèdent le
droit du bail, à eux fait par Maximilien de Laffemas et
les cohéritiers d'Isaac, du jeu de paume ainsi que de
deux corps de logis ayant face sur la rue Mazarini et de
partie de la place d'un chantier derrière l'édifice, du
coté de la rue de Seine, pour deux années et demie
restant à expirer des cinq portées au bail, moyennant
un loyer de 2,400 liv. annuelles payables, à l'acquit et
décharge de Sourdéac et de Champeron, à Laffemas et
cohéritiers ;
Puis, Sourdéac et Champeron leur
vendent « le theatre, orquestre, machines, mouvemens,
cordages, contre poids, peintures et generalement toutes
choses dependantes et servant à l'usage des theâtres et
representations » 30,000 liv. comptant.
Le même jour, dans une contre-lettre
signée pardevant Mes Chuppin et Le Normand [7],
les parties reconnaissent que, desdites 30,000 liv., il
n'en a été payé que 14,000 comptant [8], et
que les 16,000 restant seront payées au moyen d'un
prélèvement de 50 liv. par jour de représentation.
Le même jour encore, par un troisième
acte [9] passé par-devant Mes Moufle et Ferret, il est
convenu que :
Comme payement des 16,000 liv. qui leur
restent dues, Sourdéac et Champeron, au lieu de toucher
50 liv. chaque jour de représentation, auront chacun une
part, leur vie durant, dans la société, à l'instar des
Comédiens ;
La part de Sourdéac sera éteinte avec
lui ;
Celle de Champeron, s'il vient à
mourir, sera transportée à son frère Bersac de Fondant
de Lalande, à la mort de qui elle s'éteindra.
De plus :
La part de chaque comédien sera
éteinte par son décès ou son départ, au profit de la
Troupe, sans que les veufs ou veuves puissent en rien
prétendre, sauf que, suivant l'usage qui existe parmi
les troupes de comédiens, la part du défunt continuera
d'être payée à ses héritiers jusqu'à la clôture de
l'année du décès [10] ;
Les Comédiens déclarent apporter, au
profit commun de tous les intéressés, dix [11]
lustres de cristal qu'ils avaient au Palais-Royal et
toutes les décorations et autres choses qui leur
appartiennent ;
Ceux qui se retireront de la Troupe,
avec son consentement ou par incapacité ou pour tout
autre motif, jouiront d'une pension viagère annuelle de
1,000 liv. pour la part, de 500 pour la demi-part, et à
proportion ;
Le loyer de l'établissement sera payé
en commun par tous les Comédiens, même par Sourdéac et
Champeron, à proportion de leurs parts ;
Le bail sera renouvelé, de concert
entre les Comédiens et leurs deux associés, le plus
tôt et pour le plus de temps possible, au profit commun
de tous les intéressés ;
Tous les frais seront payés en commun
et par préférence sur les recettes et revenants bons,
excepté les costumes, que chacun fera faire à ses
dépens ;
On recrutera les acteurs nécessaires,
lesquels seront tenus de prendre leur charge dans la
dette des 14,000 liv., sans que Sourdéac ni Champeron
puissent rien prétendre à ces remboursements ;
Les deux associés auront voix
délibérative dans toutes les affaires de la Troupe,
comme tous les acteurs et actrices, et donneront « leurs soins, aduis et ministere quand il en
sera besoin dans toutes les pieces qu'elle representera. [12] »
Ayant de la sorte arrangé ses
affaires, l'ex-Troupe du Palais-Royal, parvenue, malgré
les intrigues de ses rivales, à conserver son titre de
Comédiens du Roi, sinon la pension que lui donnait le
monarque du vivant de Molière [13] , prit possession de son nouveau local et y
prépara ses représentations. L'admission de Sourdéac
et de Champeron y portait le nombre des parts à sept
trois quarts.
Sur ces entrefaites, parut l'ordonnance
du 23 juin 1673, que signa, sur l'ordre du Roi transmis
par Colbert, La Reynie, Lieutenant de police
[14] . Elle décrétait implicitement la fusion de
la Troupe du Marais dans celle de Guénégaud, en
supprimant la première, dont le théâtre devait être
démoli, tandis que l'ouverture de celui de la rue
Mazarine était autorisée.
Il n'allait plus rester à Paris que
deux troupes de comédiens français ; c'était
encore le régime des priviléges, et Louis XIV, en en
restreignant le nombre, préludait à la mise à
exécution complète de son système de concentration des
éléments de l'art. Mais, laissant de côté
l'appréciation, que nous faisons ailleurs [15] ,
du privilége et du monopole, bornons-nous à constater
que, depuis quatre mois, la troupe de Molière s'était
bien relevée : c'étaient ceux-là mêmes qui en
avaient demandé la confiscation à leur profit, qui se
voyaient confisqués au sien. Remarquons également que
la suppression du Marais, fort discutable, à notre sens,
au point de vue des intérêts généraux du théâtre,
était avantageuse à la Troupe Guénégaud, qu'elle
délivrait d'une concurrence redoutable, à qui elle
amenait de bons acteurs, habitués aux grandes pièces,
et qui, ayant dès lors en son jeu l'atout de la comédie
et celui de la pièce à machines, allait pouvoir
éclipser l'Hôtel, toujours réduit à la tragédie. Scapin
et Circé contre Agamemnon, c'étaient
la Dame et le Valet contre le Roi.
La Troupe du Marais était composée de
:
REGNAULT PETIT-JEAN, sieur DE LA
ROQUE ; - Achille VARLET, sieur DE VERNEUIL (frère
de La Grange) ; Joseph DU LANDAS, sieur DU
PIN ; Nicolas DORNÉ, sieur
D'AUVILLIERS ; François GUÉRIN, sieur D
ESTRICHÉ ; et des Dlles Catherine DES
URLIS ; Marie VALLÉÈ ; Marie DUMONT, femme de
Pierre AUZILLON (ou OZILLON), guidon de la compagnie du
Prévôt de l'Ile de France ; Louis JACOB DE
MONTFLEURY, femme de DU PIN ; Françoise-Victoire
POISSON, femme D'AUVILLERS ; et Judith DE
NEVERS dite GUYOT.
L'ordonnance du 23 juin fut signifiée,
le 12 juillet, à Mlles des Urlis et Vallée, qui ne
furent point incorporées. Ce fut, disent les frères
Parfaict, Colbert lui-même qui traita l'affaire et
distribua les parts. Selon La Grange, l'ex-Troupe du
Palais-Royal aurait été libre de choisir ceux des
comédiens du Marais qui lui plaisaient: « En
consequence, dit-il, la Troupe du Roy associa encor ceux
qu'elle jugea à propos des Comediens du Marais pour se
mettre en état de commencer auec auantage sur vn nouueau
theatre. » Quoi qu'il en soit, rien ne se fit, et
d'ailleurs ne se pouvait faire que de l'assentiment du
monarque ou de son ministre, car nous savons que La
Grange et ses camarades ne voulaient pas accepter Mlle
Ozillon, et que cette actrice leur fut presque imposée.
Le 10, on avait signifié également l'ordonnance au
sieur Noël, directeur des biens et offices appartenant
à la succession du défunt sieur Aubert, propriétaire
du jeu paume du Marais.
La nouvelle Troupe Guénégaud rouvrit,
le dimanche 9 juillet, par le Tartuffe; sa
première chambrée fut, au dire de Chappuzeau,
magnifique. Le contrat du 23 mai ne paraît pas avoir
été renouvelé à la suite de ces changements : il
est probable que les acteurs du Marais furent censés y
adhérer, en obéissant à l'ordonnance, car ni
l'inventaire de 1718 (Archives de la Comédie), ni les
actes de société postérieurs ne mentionnent de
nouvelles conventions faites à ce moment.
Les Comédiens Italiens, chassés
également du Palais-Royal par l'envahissant florentin,
obtinrent des français la sous-location, pour les jours
extraordinaires, du théâtre de la rue Mazarine,
moyennant le partage du loyer, soit 1,200 liv. par
an ; c'était précisément la pension que Lulli
avait reçu l'ordre de leur payer, comme dédommagement
de leur émigration forcée, ainsi que semblent le dire
les feuilles d'assemblées de 1694 [16] .
La Troupe de Guénégaud, sous la
direction officieuse de La Grange, soutint la gloire du
théâtre de Molière, dont elle ne cessa de jouer le
répertoire. Elle s'efforça également d'attirer, en
leur offrant des avantages, les auteurs tragiques, pour
faire concurrence à 1' Hôtel ; Thomas Corneille,
l'un des écrivains qui ont eu le plus de vogue de leur
temps, fut son auteur attitré. Enfin, possédant une
scène qui était, à part celle des Machines (aux
Tuileries), la plus profonde qu'il y eût dans Paris,
elle monta, souvent à grands frais, des pièces à
spectacle qui ne laissaient pas néanmoins d'être
littéraires. Bref, elle tâcha de réunir les trois
genres que se partageaient naguère les trois théâtres
français. En même temps, la bonne administration qui y
régnait aux Comédiens des parts assez rondes.
Voici, après la réunion, la
composition de cette troupe:
LA GRANGE, DE BRIE, DU CROISY, HUBERT,
venus du Palais-Royal ; ROSIMOND, LA ROQUE,
D'AUVILLIERS, DU PIN, VERNEUIL, GUÉRIN D ESTRICHÉ, du
Marais ; Mlles MOLIÈRE, LA GRANGE, DE BRIE,
AUBRY (Genev. Béjart), Angélique DU CROISY, du
Palais-Royal ; D AUVILLIERS, DU PIN, OZILLON,
GUYOT, du Marais ; S0URDÉAC et CHAMPERON, «
machinistes, » dit La Grange :
En tout vingt-un sociétaires ayant
ensemble dix-sept parts et demie.
La situation sociale des ex-Comédiens
du Palais-Royal n'était pas changée, sauf que de Brie
avait eu la part de sa femme, et Mlle de Brie la
demi-part de son mari. Quant à ceux venus du Marais,
Dupin et Mlle Dauvilliers avaient une demi-part, Mlle
Ozillon trois quarts, les autres une part entière.
Le 6 avril 1674, Mlle Guyot perdit une
demi-part; La Grange, qui parle deux fois de cette
dégradation, dit, la première, qu'elle fut décidée
par Colbert,la seconde, par la Troupe. En
conséquence, il y eut dix-sept parts. Néanmoins, à la
reprise du Malade, on partagea sur dix-huit, à
cause de la part d'auteur que toucha Mlle Molière, comme
héritant des droits de son mari. Quant à la dernière
année de la pension du Palais-Royal (7,000 liv.) payée
le 6 juillet, La Grange dit qu'elle fut partagée entre
les acteurs qui étaient dans la Troupe du vivant de
Molière, et que chaque part eut 500 liv. (c'est-à-dire,
comme en février 1673 : 6,000 pour les douze parts,
une part d'auteur (500 liv.) payée à Mlle Molière, et
500 liv. pour les frais du Malade). Les quatre
comédiens passés à l'Hôtel, à Pâques 1673,
furent-ils admis à ce partage ? nous l'ignorons;
d'ailleurs, La Grange, après avoir mentionné le
payement de la somme, raye le chiffre.
Du 19 octobre 1674 au 11 février 1675,
les Dauvilliers et les Dupin furent, nous l'avons dit,
expulsés par leurs camarades. Chacun de ces couples
jouissait d'une part et demie. Leur exclusion réduisait
donc le nombre des parts à quatorze ; cependant
nous voyons la Troupe tirer quatorze parts et
demie : cette demie évidemment destinée à
subvenir aux frais du procès. Le 12 février, le partage
sur dix-sept parts recommence. Ajoutons que,
accidentellement, pour les pièces des auteurs en renom,
la Troupe retirait deux parts d'auteur, ce qui diminuait
celles des Comédiens ; une fois, on tire également
une part pour Baraillon, le costumier, à titre de
payement des costumes qu'il fournit aux assistants
(comparses). Pour Circé, la Troupe procéda d'une
manière exceptionnelle : elle paya deux parts
d'auteur à Thomas Corneille, en ne partageant que sur
quatorze parts, mais « sans
consequence pour les autres pieces. »
A Pâques 1676, les parts de Brie, mort
le 9 mars, et de Mlle Aubry, morte le 3 juillet
précédent, s'éteignirent, La Roque se retira et Mlle
de Brie fut mise à part, d'où : quinze parts.
Voici, à la même époque, la
composition de 1'Hôtel, qui continuait de porter le
titre de Troupe Royale et de toucher une pension annuelle
de 12,000 1iv.:
Noël LE BRETON, sieur
D'HAUTEROCHE ; N. JUVÉNON DE LA FLEUR ;
Raymond POISSON ; Guillaume
MARCOUREAU, sieur DE BRÉCOURT ; Charles CHEVILLET,
sieur DE CHAMPMESLÉ ; François-Jean JUVÉNON,
sieur DE LA THUILLERIE ; N. LE NOIR, sieur DE LA
THORILLIÈRE ; Michel BOYRON (BARON) ; Jean
PITEL, sieur DE BEAUVAL ; Mlles Madeleine DU BOUGET,
femme de François CHATELET dit BEAUCHATEAU ; -
Victoire GUÉRIN, femme de Raymond POISSON ;
Françoise JACOB DE MONTFLEURY, femme de Mathieu
D'ENNEBAUT ; - N. Etiénette DES URLIS, femme de
BRÉCOURT ; Marie DESMARES, femme de
CHAMPMESLÉ ; Jeanne OLIVIER DE BOURGUIGNON,
femme de BEAUVAL ; Louise-Catherine POISSON, femme
de LA THUILLERIE.
Aucun document ne nous permet de dire
quelle était la situation respective de ces comédiens
dans la société.
Ce théâtre, en l'année 1676, modifia
les contrats relatifs aux pensions qu'il avait faits en
1664. Le 12 juin, les comédiens ci-dessus, moins La
Fleur, Mlles Beauchateau et Brécourt, passent, devant
Mes Malingre et Fillocque, un contrat que nous a indiqué
l'Inventaire de 1718 et dont nous avons trouvé la minute
chez Me Morel d'Arleux, successeur du second de ces
notaires. Le voici en substance :
Ils rappellent qu'ils ont déjà passé
plusieurs contrats de création de pension et disent
vouloir que maintenant cette récompense s'étende à
tous ceux qui sortiront de la Troupe par « inhabilité
» ou infirmité (cependant le second acte de 1664 est
bien ainsi que nous l'avons fait remarquer, de
principe) ;
C'est pourquoi ils constituent, au
profit de ces derniers, des pensions viagères et
alimentaires de 1,000 1iv. à celui qui aura la part, de
500 à celui qui aura la demi-part, et à proportion [17] , payables annuellement, aux quatre quartiers,
par celui des Comédiens qui y sera préposé, lequel
retiendra, chaque jour de représentation, ce qui sera
nécessaire par préférence à toute dépense ;
Ces pensions seront franches de toutes
charges, et les pensionnaires francs de tous payements
relatifs aux pensions passées et à venir et aux dettes
de la Troupe ;
Si quelqu'un veut se retirer, sous
prétexte d'infirmité ou d' «
inhabilité, » la Troupe sera juge de ses motifs ;
Les pensions ne pourront être saisies,
sous aucun prétexte, par les créanciers des
pensionnaires ;
Les pensionnaires posséderont
désormais les bureaux (de recette et de contrôle)
vacants, ainsi que les profit y attachés, qui sont d'un
écu pour chacun, par jour de représentation ;
S'ils ne sont pas en état de les
tenir, ils pourront, avec le consentement de la Troupe, y
commettre, leur vie durant, quelqu'un dont ils seront
responsables ;
Quand un pensionnaire mourra, son
bureau sera donné au plus ancien pensionnaire non
pourvu ;
Quand il n'y aura pas de pensionnaires,
les bureaux seront occupés par les personnes que
désignera la Troupe, à la charge par elles de les
quitter, lorsqu'il se produira des pensionnaires ;
Quinzaine après chaque quartier, si le
préposé par la Troupe au prélèvement des pensions ne
les a payées, les pensionnaires pourront faire
contraindre les particuliers de la Troupe pour les parts
et portions desdites pensions dont ils seront
tenus ;
La Troupe fera ratifier le présent
acte par les comédiens qui seront admis ;
Ceux qui le seront à condition de
payer une pension ne laisseront pas de contribuer au
payement de celles que paye la Troupe en général ;
Lorsqu'un acteur ou une actrice mourra,
la Troupe donnera au veuf, a la veuve ou aux héritiers,
même aux héritiers par testament, 1,100 liv. pour la
part, 550 pour la demi-part, et à proportion ;
A l'effet d'acquitter ce payement, la
part du décédé sera continuée et retenue, à chaque
représentation, jusqu'à due concurrence ;
A l'ouverture de chaque pension, il
sera passé par la Troupe un acte de confirmation du
présent, au profit du nouveau pensionnaire.
Au théâtre Guénégaud, les acteurs
continuèrent, à Pâques 1677, de partager sur quinze
parts, mais ils tirèrent, depuis le 4 juin jusqu'en
novembre, deux parts en sus pour payer le reliquat des
dettes contractées lors de l'établissement rue
Mazarine. Après le 29 juillet, Sourdéac et Champeron
devenaient légalement exclus ; néanmoins, on
continua, jusqu'au 26 octobre, de tirer leurs parts, ce
qui fit quatre pour concourir a l'amortissement des
dettes. Quand elles furent tout-à-fait payées, il ne
resta donc plus que treize parts, portées, à Pâques
1678, à treize et demie par l'élévation de Mlle Guyot
à part entière.
Le 1er mai 1678, nouveau contrat entre
la Troupe de Guénégaud et du Croisy et sa fille
par-devant Mes Lange et Loyer [18] ,
portant que Mlle du Croisy ne pourra jamais prétendre
plus que la demi-part qu'on venait de lui accorder (à sa
majorité) sur sa demande. Le nombre des parts fut alors
de treize trois quarts.
Cette troupe prospérait chaque jour
davantage. Toutefois, sous le rapport de la tragédie,
elle le reconnaissait elle-même, les efforts qu'elle
faisait pour éclipser l'Hôtel n'étaient pas couronnés
d'un plein succès. Elle résolut donc, avec la
prévoyance qui distinguait ses guides, surtout le plus
habile, de consentir à un grand sacrifice pour remédier
à ce mal. Les Comédiens de Guénégaud arrivaient à
l'époque où il faudrait renouveler le contrat du 3 mai
1673, fait, on se le rappelle, pour six ans ; ils le
renouvelèrent, en effet, à Pâques 1679, mais après
avoir enlevé à leurs rivaux Mlle de Champmeslé et son
mari. Avec l'enchanteresse tragédienne de Racine,
c'était un des as qui entrait dans leur
jeu : l'Hôtel n'avait plus que Baron, le plus grand
de tous, à la vérité, mais qui restait sans
partenaires ; il ne devait pas se relever d'un tel
coup.
Donc, par acte passé par-devant Mes
Dionis et Loyer, le 12 avril [19] :
Une nouvelle société, composée de
tous les comédiens actuels de Guénégaud et des deux
charmants transfuges de l'Hôtel, est formée pour vingt
ans ;
Le loyer du théâtre sera payé en
commun, et le bail en sera renouvelé au nom de la
Troupe, sans que personne puisse le prendre à son
nom ;
Les frais, payés également en commun,
seront pris par préférence sur les recettes et
revenants bons ;
Chacun se fournira d'habits à ses
dépens ;
Les bénéfices seront partagés de la
sorte :
Champmeslé, Guérin et leurs femmes
[20] , La Grange, d'Auvilliers, Hubert, Rosimond,
Verneuil, du Croisy, Mlles Dupin, de Brie et Guyot, à
part ;
Dupin, Mlles La Grange, d'Auvilliers,
du Croisy, à demi-part ;
A proportion des parts on payera les
dépenses, dans lesquelles seront comprises les pensions
que paye la Troupe, entre autres celle de 1,000 liv. à
Sourdéac et à Champeron, et les pensions à
venir ;
Mlle Ozillon, qui n'avait été
conservée en 1673 que par protection, n'étant plus
jugée digne de l'être, est renvoyée et recevra une
pension de 750 liv., puisqu'elle a trois quarts de part [21] ;
Le décès d'un des comédiens arrivant
pendant les vingt années de la société, ne
l'anéantira pas ;
Pendant cette période, nul ne pourra
quitter la Troupe pour aller dans une autre, à peine de
10,000 liv. de dédit applicables, sans conteste, moitié
à l'Hôpital Général, moitié à ceux qui
demeureront ;
Dans le cas où le déserteur aurait
mari ou femme dans la Troupe, l'époux restant pourra
être exclu sans pension ni dédommagement ;
Les comédiens qui seront admis à
l'avenir devront ratifier le présent acte ;
La société ne sera pas atteinte si
elle change de local ;
Quand un acteur ou actrice se retirera
du consentement de la Troupe ou qu'il sera jugé
insuffisant, il aura une pension viagère annuelle de
1000 liv., s'il est à part, et à proportion ;
Lors du décès d'un associé, sa part
ou portion de part s'éteindra sans que l'époux
survivant ou les héritiers puissent en rien prétendre,
sauf que, selon l'usage existant parmi les comédiens, la
part du défunt leur sera continuée jusqu'à la
clôture ;
A partir du jour où l'on quittera
régulièrement la Troupe, on sera déchargé de
l'obligation de payer les pensions dues par la
société ;
Les époux Champmeslé sont exempts de
supporter, comme tous les nouveaux comédiens, leur
charge dans le payement de 14,000 liv. fait en
1673 ;
La Troupe les gratifie, en outre, d'une
pension annuelle de 1,000 liv. indépendante de leurs
parts ;
Si l'un d'eux vient a mourir, le
survivant ne recevra que la moitié de cette
pension ;
Personne ne pourra invoquer cette
faveur comme précédent ;
Les parts resteront fixées comme elles
le sont ;
Les affaires communes seront résolues
à la pluralité des voix, sauf les mises à la retraite,
qui devront en réunir les deux tiers.
Le nombre des parts fut alors de
quinze. Il resta le même à Pâques 1680.
NOTES DE BONNASSIES
(Dans l'édition d'origine les
notes se trouvent en bas de chaque page.)
[1] Les frères
Parfaict avancent que ces Comédiens proposèrent à
ceux de l'Hôtel de se joindre à eux et que ces
derniers refusent durement. Nous ignorons où le
renseignement a été pris, mais nous ne le trouvons
nulle part, et tout en prouve l'inexactitude {Retour]
[2] Le 25, ils
continuent à jouer le Malade. Les frères
Parfaict ont dit à tort que Rosimond entra, de fait,
ce jour-là, pour remplacer Molière dans le rôle
d'Argan. Rosimond ne fut engagé que le 3 mai, et
celui qui joua, le 3 mars Argan, est, suivant La
Grange, La Thorillière.{Retour]
[3] Une expédition
de cet acte, ainsi que de tous ceux pour lesquels
nous l'indiquerons, se trouve aux archives de la
Comédie-Française, où nous l'avons retrouvée. Les
signataires, mentionnés seulement dans le préambule
sur cette expédition, sont: Armande Gresinde Claire
Elisabeth Béjart veuve de Molière, Charles Varlet
sieur de La Grange, Marie Ragueneau, sa femme, Edme
Villequin sieur de Brie, Catherine Le Clerc, sa
femme, Geneviève Béjard, femme de Jean-Baptiste
Aubry, Philbert Gassot du Croisy, André Hubert,
Claude de la Roze de Rosimont et Marie Angélique du
Croisy, associés, est-il dit, sous le bon plaisir du
Roi, pour former sa seconde troupe et contribuer à
ses plaisirs.
Sur
l'expédition de la Comédie, il n'est pas question
d'Hubert dans la distribution des parts. Ce comédien
figurant dans le préambule, nous conclûmes à une
erreur du copiste, et nous l'avons, en effet,
constatée sur la minute de l'acte, chez Me Pérard,
successeur de Me Clément. Cette recherche nous a
fourni l'occasion de voir la plus complète signature
qui existe, sans doute, et qu'en tous cas nous
connaissions de la femme de Molière: Claire
armande Gresinde eslisabet Bejart Molliere.{Retour]
[4] La maison, qui a
été rebâtie, porte aujourd'hui le no 42 et
contient les ateliers d'un gazier; les dispositions;
générales de l'ancien local y sont encore
très-reconnaissables. Le no 44 qui, au XVIIe
siècle, servait aux loges et salles de la Comédie,
est resté intact. L'entrée, qui se trouve dans le
passage du Pont-Neuf, était alors celle des acteurs;
un vieillard, qui habite depuis longtemps près de
là, se rappelle avoir vu encore, dans l'escalier,
les statues des Muses qui dataient de l'époque où
l'Académie habitait le jeu de paume et la maison.
Notre
ami M. Nuitter fait en ce moment d'actives recherches
pour retrouver des plans de ce théâtre. Nous avons
lieu d'espérer qu'il trouvera.{Retour]
[5] Quelques années
plus tard, ils paraissent néanmoins y avoir trouvé
le logement étroit (il est vrai que c'était après
la Réunion), car, dans une assemblée du 13
Septembre 1683, nous les voyons décider qu'on
meublera l'appartement qu'ils ont loué chez du
Manoir, paroisse Saint-Martial, et qu'on en louera
encore un autre.{Retour]
[6] Arch. Com.-Fr.
Aux signataires du précédent contrat s'ajoutent,
bien entendu, Sourdéac et Champeron.{Retour]
[7] Arch. Com.-Fr.
Les signataires sont les mêmes qu'a à l'acte
précédent.{Retour]
[8] Pour acquitter
ces 14,000 liv., les Comédiens, d'après une note
manuscrite de La Grange et son registre, passèrent,
le 14 (ou le 15) juillet, un contrat, devant Mes Le
Normand et Gigault, par lequel ils constituèrent 700
livr. de rente à Boudet (tapissier du Roi,
beau-frère de Molière et subrogé tuteur de sa
fille), qui avait avancé la somme, mais à condition
évidemment qu'il serait remboursé de la plus grande
partie par Armande Béjart, laquelle, n'étant que
tutrice de sa fille, ne pouvait sans doute prêter,
de son chef, à ses camarades. En effet, des
documents retrouvés par M. Soulié, il ressort que
Mlle Molière prêta, ce même 14 juillet, à Boudet
les 11,000 liv. que lui avait rendues, le 22 mai
précédent, Lulli, à qui Molière les avait
prêtées le 14 décembre 1670, et que Boudet les lui
remboursa les 3 septembre et 26 octobre 1675. Sur les
14,000 liv. que ce dernier prêtait aux Comédiens,
il en tenait donc 11,000 de Mlle Molière, et
peut-être tenait-il la somme entière (ce point est
obscur et long à expliquer, c'est pourquoi nous ne
nous prononçons pas). Même après sa mort, on le
voit, Molière, avec l'argent de sa succession,
tirait ses camarades d'un pas difficile et
préservait de la ruine ce théâtre qu'il avait
fondé et qui devait être bientôt la
Comédie-Française.
Le prêt
fait par Mlle Molière explique aussi la signature de
cette comédienne figurant, les premières années de
l'association, en tête de ses camarades, dans les
actes que passe la Troupe, même avant la signature
de La Grange, et le choix de sa demeure à l'hôtel
d'Arras, où son appartement communique avec le
théâtre. (Voir une note de la Fameuse
Comédienne, édit. Barraud.)
Pour
racheter les 700 liv. de rente, il y eut une
assemblée des Comédiens, le 3 (ou le 4) avril 1675,
chez Gigault, où se trouva Boudet avec Aubry,
beau-frère de Mlle Molière et son co-locataire. La
troupe lui paya 11,000 liv. de principal, plus une
année d'arrérages (700 liv.), plus les intérêts
échus jusqu'au 4 avril (501 liv. 3 s. 4 d.), en tout
12,201 liv. 3 s. 4 d. (12,201 liv. 13 s. 4 d., Reg.
de La Grange). A cet effet, elle avait retiré sur la
recette, à partir du 9 juillet 1673 jusqu'au 19
octobre 1674, de l'argent sur les parts. Sourdéac et
Champeron, qui n'étaient pas encore brouillés
complétement avec elle, et qui n'avaient point à
supporter, comme les autres comédiens, cette charge,
récurent chacun 500 liv., suivant le compte dressé
le 12 février 1675, comme dédommagement de la
diminution de leurs parts durant cette période. Nous
avons vu que Boudet remboursa Mlle Molière les 3
septembre et 26 octobre.
Il
restait donc 3,000 liv. à payer à Boudet ou, avec
les intérêts, 3,400 liv. 8 s. 6 d. Le 17 mai 1677,
une nouvelle assemblée eut lieu chez Me Béchet,
successeur de Me Gigault, où se trouva Boudet
(probablement le fils, car le père avait dû mourir
peu de temps auparavant). Pour rembourser celui-ci,
les Comédiens empruntèrent à un ami d'Hubert et à
plusieurs d'entre eux, qui furent remboursés, le 30
octobre, sur les parts mises en séquestre, depuis le
7 mai jusqu'au 26 octobre 1677, de Sourdéac et de
Champeron, alors en procès avec la Troupe, et sur
deux parts extraordinaires tirées, pendant quelque
temps, depuis le 4 juin.{Retour]
[9] Arch. Com.-Fr.
Toujours les mêmes signataires.{Retour]
[10] Les Comédiens
devaient même aller plus loin. Lorsque La Roque se
retira, à Pâques 1676, ils lui firent, outre la
pension, un don de 500 pistoles, mais, sans doute,
payable en plusieurs fois, car, leur ancien camarade
étant mort avant de l'avoir touchée (le 3 I
juillet), ils continuèrent sa pension à sa veuve
jusqu'à concurrence de la somme.{Retour]
[11] Un écrit de La
Grange dit: huit.{Retour]
[12] Nous renvoyons à
la fin du chapitre de plus longs détails sur les
démélés de Sourdéac et Champeron avec la
Comédie. Voir p. 46.{Retour]
[13] La Troupe la
reçoit encore à Pâques 1674, pour l'année 1673.
C'est probablement apres la Réunion qu'on lui en
annonça la suppression; mais, la saison théâtrale
étant commencée, la mesure ne devait avoir d effet
que l'année suivante.{Retour]
[14] L'original en
existe aux archives de la Comédie, scellé du grand
cachet de cire jaune, ainsi qu'une expédition suivie
des significations. On la trouve imprimée dans le Theâtre
François de Chappuzeau- et dans l'Histoire e
du Théatre François, t. XI, p. 296.{Retour]
[15] Voir les
Spectacles Forains et la Comédie-Française
(Dentu).{Retour]
[16] Nous donnons, à
la fin du chapitre, de plus longs développements sur
les démêlés des Comédiens Français et Italiens.
Voir p. 50.{Retour]
[17] Comme dans le
contrat du 23 mai 1673, passé par les Comédiens de
Guénégaud.{Retour]
[18] Arch. Com.-Fr. Il
est signé de tous les comédiens dont nous avons
donné la liste après la réunion, moins de Brie, La
Roque, Mlle Aubry, qui étaient morts, et Mlle
Ozillon (nous ignorons pourquoi, car elle n'était
pas encore retirée). M11e Marie Claveau, mère
d'Angélique et actrice du Palais-Royal exclue en
1665, y intervint également.{Retour]
[19] La minute s'en
trouve chez Me Sébert, et une expedition aux
archives de la Comédie. Nous énumérons plus bas
tous les signataires. [La position dans le texte
de cette note est incertaine.]{Retour]
[20] La femme de
Guérin était la veuve de Molière, dont le second
mariage avait eu lieu en mai 1677.{Retour]
[21] Elle n'accepta
pas ce verdict et, en définitive, elle eut raison,
car le contrat de 1673 ne donnait la pension au
prorata de la part qu'à ceux qui se retiraient
spontanément et qu'on laissait partir. Tel n'était
point le cas de Mlle Ozillon, qui partait remerciée.
Ce cas, il est vrai, n'avait pas été prévu, mais
elle avait le droit d'exiger qu'on le résolût dans
le sens le plus large, et elle n'eut sans doute pas
à faire agir, sur les juges, arbitres de son sort,
ces charmes célébrés par Loret, auxquels elle
avait dû son maintien six années auparavant. Elle
intenta donc un procès à ses camarades, et, le 16
mai 1679, fit interroger devant le commissaire La
Mare, Hubert et La Grange. Ce dernier lui reprocha
vivement de n'avoir jamais su se rendre utile à la
société. Néanmoins, une ordonnance, rendue le 23
août au Châtelet, ordonna qu'elle aurait 1,000 liv.
de pension ou qu'elle resterait dans la Troupe, avec
option pour celle-ci, sinon l'option référée. Les
parties en appelèrent, et un arrêt du 6 septembre
les renvoya devant le Parquet des gens du Roi. Le 7,
un nouvel arrêt assura la pension de 1,000 liv. à
Mlle Ozillon.{Retour]
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